Introduction :

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"Laure ! Dépêches toi !! me crie Cynthia en accrochant la lanière de sa guitare.
- Ouais c'est bon je viens oh ! Respire ! Arrêtes de stresser ! dis-je attrapant mes baguettes que me tend un technicien.
- Je vais mourir... dit Coralie dans un dernier souffle.
- Mais nan Coco respire. Ça va aller... Décidément faut que je garde le sang froid pour tout le monde ici, je ronchonne en montant sur la première marche de l'escalier qui mène jusqu'à ma batterie."

Nan! En fait, je ne fais que semblant d'avoir le sang froid. Mais elles ne le savent pas. Personne ne le sait ! En apparence, je suis de glace, je respire calme et prospérité mais à l'intérieur c'est une autre histoire ! Je bouillonne ! J'ai l'impression que ma tête va exploser ! Je veux faire demi tour ! Non pas parce que je n'ai pas envie d'y aller mais parce que j'ai peur. Les cris du public se font de plus en plus forts.

"Les filles, je vous aime! dit Coralie comme s'il on se voyait pour la dernière fois.
- Moi aussi je vous aime, pleure sa cousine.
- N'importe quoi... fais-je en les regardant se prendre dans les bras."

Les lumières de la salle s'éteignent et soudain les cris des fans montent à l'unisson. Cynthia lâche sa cousine et part derrière le grand rideau noir qui nous sert de fond. Dessus, il y a écrit en gros « Dégâts Par Seconde» en blanc. C'est le nom de notre groupe et on en est fières. Des techniciens allument les fumigènes. Une fumée blanche envahit la scène. Je prend place alors à ma batterie. Les fans hurlent en me voyant. Je me force à sourire. J'ai tellement la trouille que je contrôle à peine les muscles de ma bouche et les sens vibrer. Coralie commence alors à jouer les premiers accords de l'une de nos chansons comme nous l'avions décidé. Elle entre sur scène sous les acclamations d'un public déchainé. Cynthia entre à son tour, sa basse à la main. Je regarde le sol et respire à fond.

"5, 6, 7, 8 !"

Je frappe sur les cymbales de ma batterie et ma peur s'envole. Et c'est partie pour un show d'un heure et demi ! Je fais le reste du show machinalement. J'ai mis des heures et des heures pour réussir un tel résultat. Les filles chantent et bougent partout sur la scène. Elles sont heureuses. Et moi aussi.
Introduction :

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 11:10

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 08:30

Chapitre 1 : Comme d'habitude de toute façon !

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« Instant Karma's gonna get you...Gonna knock you right on the head »

Qu'est-ce que...

« You better get yourself together...Pretty soon you're gonna be dead... »

La voix de Bill me transperce le tympan gauche.

« What in the world you thinking of...Laughing in the face of love »

J'ouvre les yeux et réalise que je viens tout simplement de faire un rêve.

« What on earth y...»

"Oh ta gueule ! crie-je en éteignant le réveil. Putain !"

Je regarde mon portable.

"Sept heures et demi ! Et merde tiens !"

Je me lève alors et file dans la cuisine où je retrouve les filles attablées. Coco est prête à partir au lycée.

"J'ai encore fait ce putain de rêve ! je gronde en ouvrant le frigo.
- Ah... dit Coco d'un air condescendant.
- J'en ai marre ! dis-je en m'appuyant contre le mur.
- On en reparle ce soir ! Promis ! Là, je dois filer si je veux attraper mon RER ! Bisous !"

Elle boit son jus d'orange à toute vitesse avant de nous faire la bise et de s'enfuir en claquant la porte attrapant au passage ses clés qu'elle avait laissées sur le buffet de l'entrée.

- Ça va Cy' ? je demande en essayant d'attraper un verre en haut du placard. Euh... Cynthia ?
- Hum... dit-elle en regardant le journal.
- Tu voudrais pas m'attraper un verre s'teuplait ? Je suis trop courte ! rie je de mon mètre cinquante-sept."

Elle se lève alors et tend le verre.

"Merci ! dis-je tandis qu'elle se rassoit lisant avec attention son journal duquel elle n'avait pas décollé les yeux. Qu'est-ce que tu lis ?
- Il y a un concours mercredi prochain. On pourrait peut-être y aller.
- Un concours de quoi ? je demande en m'affalant sur elle lui prenant le journal des mains, laissant mon déjeuné sur le plan de travail. C'est génial !!! crie-je de joie. Il faut ABSOLUMENT qu'on y aille ! J'envoie un SMS à Coco !
- Elle le sait déjà... souffle-t-elle essayant de reprendre son journal.
- Ah... Ok ! Et donc... On va y aller hein ?
- Bien sur qu'on y va ! Apparemment, les gagnants passeront à la télé ! se réjouit-elle.
- Ah super !!! Ah ah !! je hurle dans la cuisine.
- Et ça se trouve, après on pourra être repérées ! dit-elle avec un enthousiasme soudain."

Je jette le journal sur la table, monte sur une chaise et commence à rêver.

"Et ce soir Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir les meilleures, les fantastiques, les magnifiques...
- La pathétique... rie Cynthia.
- ... les splendides DPS !!! Ah ah !! Je sais je sais merci !! Et...
- Oh ouais, ça serait trop bien qu'on gagne ! Ça serait trop magnifique ! crie-t-elle en se levant à son tour.
- Ah nan ça serait pas magnifique ! Ça serait merveilleux ! Fantastiqueuh ! Magiqueuh !! Et fabuleux !!!
- Il faut trop qu'on le gagneuh !!"

On rigole.

"Bon allez moi aussi je dois y aller si je veux pas arriver en retard ! coupe-t-elle.
- Ok ! Allez file ! dis-je me remettant de cette nouvelle."

Elle prend son manteau dans la penderie de l'entrée, puis attrape son sac au vol avant de quitter l'appart' me laissant seule. Aujourd'hui, on est mercredi et j'ai pris ma journée pour me reposer. Jusqu'à dimanche midi, je devrais continuer mon stage à l'hôpital. Je veux être infirmière. Mais pour l'instant, je ne suis pas encore revenu du pays des rêves. Je repense au concert de toute à l'heure.

Je m'affale alors en soufflant dans le canapé du salon, un verre de jus d'orange à la main. Les pieds sur la table basse, j'allume la TV et zappe pour trouver quoi regarder. Il n'y a rien. Comme d'habitude de toute façon ! Je me lève alors et prend des gâteaux dans la cuisine, puis reviens et me renfonce dans le canapé. Si Cynthia me voyait, elle me tuerait c'est sur ! Elle qui est maniaque. Enfin nan, je dirais plutôt qu'elle aime bien que ça soit propre. Et moi de ce point de vue, j'ai encore des efforts à faire. Chez moi, c'était un peu l'anarchie et ma mère travaillait comme une tarée, mon frère n'en foutait pas une à la maison, c'est donc moi qui faisait le ménage. Enfin le minimum, faut pas abuser non plus! C'est pas grave : je rangerais bien tout juste après et Cy' ne saura même pas que j'ai mis plein de miettes sur le canapé que nous a offert sa mère lorsque l'on a emménagé toutes les trois.

Je me souviens de ce jour de février, il y a deux mois. Cynthia venait d'avoir ses dix-huit ans et Coco les avait eu en décembre dernier. Quant à moi, j'étais la plus vieille du groupe. J'avais déjà vingt ans derrière moi et dans un mois, j'en aurais vingt-et-un. Le temps passe tellement vite...

On avait pas arrêté de s'engueuler pour savoir où on allait mettre la table, qui au passage à fini dans la cuisine. C'est la mère de Coco qui avait tranché, désespérée de nous voir se battre. Puis après c'était au tour du canapé en cuir noir. Cynthia voulait le mettre contre le mur et Coco face à la baie vitrée qui donne sur le balcon. Etant de son avis, nous avions mis le canapé face au balcon. Cynthia a fait la tronche pendant cinq minutes puis elle s'est vite lassée. N'empêche qu'elle râle à chaque fois parce qu'elle dit qu'on se prend toujours les rayons du soleil dans la tronche lorsqu'on regarde la télé. Et elle a raison. Décidemment, j'aurais dû fermer ma gueule. Comme d'habitude de toute façon ! « Mais c'est un canapé d'angle, alors dans tous les cas, ca serait revenu au même!». Voilà ce qu'on lui disait lorsqu'elle nous gueulait dessus. Les chambres aussi avaient été un sujet sensible. Je m'étais donc sacrifiée. Je prendrais la chambre qui donne sur le salon, la plus petite. C'est pas grave. A la limite, du moment qu'on est ensemble, je suis contente. Les filles avaient pris les deux chambres au fond du couloir, en face de la grande salle de bain que la mère de Cynthia avait refaite entièrement.

C'était ma mère qui avait décoré notre petit balcon de douze mètres carrés. Depuis le temps qu'elle rêvait d'un jardin, elle en avait toujours pas alors on l'avait laissée faire. Ça lui faisait plaisir. Mon père était venu vérifier l'électricité qui était un peu défaillante. Il avait donc appelé un pote à lui qui nous avait tout bien refait pour quasiment rien. Alors voilà, c'était pas très grand mais c'était chez nous. On était ravies. On était ensemble. Depuis le temps qu'on le rêvait : bientôt un an et demi !

La sonnette retentit me coupant dans ma réflexion. Je me lève en sursaut et, sans réfléchir, je nettoie le canapé avec mes mains, jetant toutes les miettes sur le tapis bordeaux de ma mère.

"J'arriiiiiiiive !! crie-je en soulevant du mieux que je pouvais les coussins du canapé pour faire glisser les miettes."

Je le remet vite et vais ouvrir la porte.

"Bonjour ! fait le facteur qui s'impatientait.
- Euh.. Oui... C'est pourquoi ? dis-je surprise.
- Un recommandé pour mademoiselle Dubreuil !
- Oui c'est moi ! j'annonce fièrement.
- Veuillez signer ici ! dit-il en me tendant la lettre."

Je signe et le remercie avant qu'il me salut aussi gentiment que possible. Puis, j'attend qu'il soit au bout du couloir et ferme la porte qui claque et résonne dans la résidence. Oups !

J'ouvre alors la lettre m'asseyant sur l'accoudoir du canapé. Je souris en voyant les trois places pour le concert de Tokio Hotel à Paris. Je l'avais oublié celui-là. Je suis vraiment fatiguée, j'ai une mémoire de poisson rouge en ce moment. Enfin... Comme d'habitude de toute façon !
Chapitre 1 : Comme d'habitude de toute façon !

# Posté le vendredi 07 novembre 2008 11:00

Modifié le dimanche 09 novembre 2008 08:39